Archive | mars, 2011
15/03/2011

Colombie: pour le meilleur et pour le pire

Colombie: pour le meilleur et pour le pire

Le pays « Colombie » vous fait surement penser à Bétancourt, au café et aux FARC. La plupart du temps, la Colombie est associée à l’idée d’un pays dangereux, ce qui n’est plus le cas selon les voyageurs chevronnés rencontrés jusque là. Qu’en est-il vraiment? Récit d’un voyage en Colombie.

Hélène et moi avions envie d’aller en Colombie pour ses paysages réputés magnifiques, mais encore et surtout pour passer quelques jours en Amazonie, au cœur de cette forêt mythique que l‘on ne voit qu‘à la TV ou dans les magasines.
Qui n’a jamais rêvé d’entrer en pleine forêt vierge? Découvrir cet immense territoire, l’un des plus préservés de l’activité humaine car l’un des plus inaccessible relevait du domaine du rêve.

A peine arrivés sur Bogota, la capitale colombienne dont nous parlerons plus tard, nous prenons un avion pour Leticia, ville à l’extrême-sud du Brésil à l’endroit exact ou se joigne les 3 frontières du Brésil, du Pérou et de la Colombie. Pour accéder à Leticia c’est soit en bateau, soit en avion. La ville est coupée du monde, elle n’a aucun accès routier car enclavée dans la jungle.
L’ambiance ici est étrange mais sympathique: il est possible de passer à pied ou en bateau les frontières sans montrer de passeport ou avoir à se préoccuper d’un éventuel visa. Le côté enclavé de l’endroit joue pour beaucoup dans le charme de l‘endroit, on se sent revenu au temps des chercheurs d’or avec un mélange de ces villes mystiques dans Indiana Jones. La vie ici est simple, on vit en short tout au long de l’année, 15°C représentant l’équivalent d’un froid polaire pour les habitants.

En blanc-bec que nous sommes, il n’est pas pensable d’entrer dans la jungle seuls, nous ne survivrions pas très longtemps :) . Nous passons donc par une agence, et étant en basse saison (la saison des pluies même si nous ne verrons pas une seule goutte!) nous sommes les seuls touristes Hélène et moi!
Ramiro, notre guide, nous accompagnera ainsi qu’un autre bonhomme dont j’ai oublié le nom, chauffeur de pirogue. L’idée est de passer 3 jours dans le jungle, coupés de tout et de tous, pour découvrir quelques-unes des merveilles dont recèle Dame Nature.
Ramiro est indigène, il est né dans une tribu non-primitive et n’a jamais quitté Leticia et ses environs immédiats. Le concept de grandes-surfaces ou d’un décollage d’avion lui semble assez vague et ne l’attire en rien. Il parle aussi bien espagnol que portugais et a une connaissance infinie de la forêt amazonienne.

Nous avons beaucoup aimé Ramiro, un mec simple, écologiste sans en être conscient pour autant, toujours souriant et se mettant en quatre pour que votre séjour se passe bien et que vous puissiez en voir un maximum en un minimum de temps.
Notre lieu d’hébergement, tout de bois construit en plein cœur de la jungle eSt en bordure du fleuve Amazone et se trouve à 2h30 de pirogue de Leticia.

Le premier soir, Ramiro souhaite nous montrer des caïmans. Pour ce faire nous devons attendre la nuit noire puis, munis d’une lampe-torche nous embarquons sur notre pirogue. Ramiro balaye la surface de l’eau avec a torche, ce qui lui permet de voir le reflet des yeux des bestiaux puis de nous en approcher lentement. Ils fuiront plusieurs fois au moment de notre approche, pour notre plus grande frustration et surtout celle de Ramiro. Mécontent de ne pas pouvoir attraper de caïman de taille significative, il descendra de la pirogue pour s’enfoncer dans les marécages, de nuit et aller attraper à la main un caïman de 80cm….impressionnant le mec, surtout lorsque vous pensez que maman caïman, une belle bête de 4m à 6m veille non loin de là et peut attaquer à tout moment pour protéger sa progéniture. Mais il est comme ça Ramiro. Et vas-y que je te tourne le croco, que je lui mets le doigt dans l’œil pour te montrer la double paupière pour empêcher l’eau d’entrer etc… joli sac à main.

Dans le même registre, Ramiro aka Tarzan peut voir ce que votre œil ne voit pas. En l’occurrence un paresseux, camouflé dans son arbre à 10m de hauteur environ. Qu’à cela ne tienne, Ramiro fonce à grand coup de machette dans la jungle, se hisse au sommet de l’arbre, décroche l’animal et nous le rapporte dans la pirogue. C’est marrant un paresseux , c’est moche, ça a une sale tête, c’est tout lent, mais c’est marrant :) . Ramiro le rapportera ensuite dans son arbre.
Allez, une dernière pour la route: l’arbre avec une drôle de toile par-dessus; Ramiro ôte la toile, puis coupe la base du jeune arbre pour révéler un creux dans le tronc;  Dans ce dernier, il introduit une petite branche pour pousser vers le haut on-ne-sait-quoi: en l’occurrence, une mygale !!! Effet de surprise garantie, surtout quand il l’embête juste pour le plaisir de l’énerver un peu.

Un autre moment jouissif: la pêche au Piranha. La seule pêche ou plus vous faites de bruit, plus vous attrapez de poisson. Accrochez n’importe quel truc sanguinolent à votre hameçon, vous êtes sur que ça mordra. Evitez juste de tomber à l’eau.
Bref, l’Amazonie: on recommande. Et fortement. Vous n’imaginez pas le bonheur que c’est de contemplez des dauphins roses et gris, de vous faire une sieste dans des hamacs, de mangez plein de fruits dont vous ne retiendrez de toute façon pas le nom, de dormir bercé par les bruits étranges de la jungle….c’est un must.

La suite c’est la fameuse ville de Carthagène sur laquelle nous arrivons en avion. La ville est de toute beauté, entourée de remparts antiques et bien préservés. Ses petites rues sont colorées, la musique est présente à tous les coins de rue, mais c’est très touristique et donc assez onéreux. Nous y passerons 2 jours seulement avant de nous farcir une journée de bus, avec un objectif simple: trouvez une plage de rêve et donc déserte, le long de la mer des caraïbes.

Ce coin de paradis nous le trouverons. Nous dormirons dans un hamac, sur la plage même dans un confort plus que sommaire mais largement suffisant, juste ce que nous cherchions. Le lieu s’appelle « Palomino », il n’y a tout simplement rien autour. C‘est la Colombie profonde. L’eau est bleue, les vagues ne boudent pas leur plaisir, le sable est blanc, les cocotiers fleurissent un peu partout.

Le lendemain, nous repartirons de la grande ville la plus proche avec un bus de nuit pour rejoindre la ville de Bucaramanga, au centre du pays.
Et c’est là que s’arrête le récit idyllique que je vous ai servi jusqu’à présent et que les emmerdes commencent.

Je commencerai par faire taire les mauvaises langues et je vous clame HAUT ET FORT que la Colombie est un pays sûr, que le problème des FARC est loin derrière. Ce pays n’est pas plus dangereux que n’importe quel autre pays en Amérique latine. Seulement voila, cette fois-ci, la chance va nous tourner le dos et cela va nous couter cher. Nous avons également commis une erreur, celle de prendre une bus de nuit en Colombie, à éviter dans la mesure du possible.

Il est 23h environ, nous sommes dans un bus, plein, avec 2 espagnols, 2 australiens, les autres étant colombiens. La plupart des gens dorment depuis un moment, mais je n’arrive pas à trouver le sommeil. Il n’y a pas de lumières si ce n’est celle de 2 écrans TV qui projettent un mauvais film et éclairent un peu l’habitacle.
Nous sommes à l’avant dernier rang avec Hélène. Je remarque alors sans m’en inquiéter qu’un mec passe anormalement longtemps dans les toilettes à l’arrière du bus. J’en conclue qu’il a probablement la tourista, jusqu’à ce que j’aperçoive dans la pénombre un mec remonter le couloir, le visage masqué par un pull. Ca fait tilt en un quart de seconde, je suis la première personne du bus à comprendre ce qui va arriver et réveille ma sœur pour lui dire que nous sommes attaqués. Les deux bonhommes sont évidemment de mèche, c’est très discret, sans bruit, pour réveiller le moins de gens possible. Celui de l’arrière sort des toilettes, armé d’un révolver et surveille le bus. L’autre pointe son arme sur le chauffeur pour lui dire d’arrêter le bus. Le chauffeur s’exécute, 2 autres voyous montent, également armés.

A ce stade, je me dois de préciser que nous n’avons pas peur sur le moment. Le sentiment de peur n’arrive qu’après. Ces gens n’ont aucune intention de vous tuer, ils veulent simplement vous dépouiller. Ca n’est pas agréable, mais mieux vaut satisfaire leurs demandes, nous ne courons aucun risque sans résistance.

C’est visiblement ce que n’a pas compris l’un des australiens qui refuse de donner son sac au premier rang et se voit appuyer un couteau sur le ventre, légèrement mais assez pour lui faire peur. Méthodiquement deux des mecs dépouillent tous les passagers, une attention toute particulière étant accordée aux touristes.

J’ai depuis longtemps pris pour habitude de répartir mon argent dans mes deux poches, en mettant les plus grosses coupures à droite, les moyennes et petites à gauche. Ayant compris très tôt ce qui allait se passer, j’ai le réflexe de cacher le contenu de ma poche droite profondément entre deux sièges, puis de tendre négligemment le reste au voleur. Ils nous fouillent méticuleusement, prennent l’argent à Hélène et passent aux suivants. La situation dégénère quelque peu derrière nous, un colombien refusant également de donner son sac à dos. Ca bastonne et pendant ce temps, je pousse avec mes pieds, mon sac à dos à moi, sous le siège de derrière. Le bonhomme de derrière perdra bien évidemment son sac à dos, puis comble de malchance vient re-vérifier si nous n’avons pas nous aussi un sac… et il trouvera celui d’Hélène, pas caché. Au revoir passeport, au revoir PC portable d’Hélène, au revoir carte de crédit, adieu appareil photo, adieu Ipod. Le bilan est lourd mais qu’importe, nous sommes sains et saufs.

Le mec de derrière pleure à chaudes larmes ayant perdu son PC portable dans l’histoire. Ca représente un lourd investissement pour le salaire moyen colombien, il lui faudra recommencer à bosser dur.
Quant à nous, nos PC étant achetés d’occasion, nous sommes seulement emmerdés pour le passeport et pour mes photos qui étaient sauvegardées sur le PC d’Hélène. Je viens de perdre 1 an de photos…moralement ça fait mal. C’est la raison pour laquelle vous n’aurez pas de photos de la Colombie, il y en avait pourtant de superbes sur la jungle et la côte Caraïbes…

La police arrivera bien après la guerre et se montrera aussi inutile qu’incompétente. Nous apprendrons plus tard que sur ce bus, sur cette ligne même, les attaques se répètent depuis bientôt 1 an sans qu’aucun voleur n’ai été arrêté.

Luiza, une colombienne vivant en Belgique mais dans le même bus au moment des faits a perdu beaucoup. Elle se montrera toutefois d’une gentillesse hors norme et nous invitera chez elle pendant 2 jours, nous prendra sous son aile en nous offrant à manger (nous avons toujours de l’argent et mes 2 cartes de crédit, donc aucun soucis!), en nous ouvrant les portes des diverses polices que nous devons aller voir pour déclarer le vol. Sans elle, nous aurions facilement perdu 1 à 2 jours supplémentaire, à naviguer de bureaux en bureaux, d’incompétents en crétins dégénérés.

Hélène et moi rions de notre expérience malheureuse car avons conscience qu’à aucun moment nous n’avons couru de danger physique. C’est important. Il convient désormais de refaire faire un passeport d’urgence à Hélène, car notre prochaine et dernière étape c’est le Carnaval au Brésil, et ça, pas question de le rater.
Je vous passe le détail des jours suivants, administratifs avec l’Ambassade de France; après plusieurs appels, mails, RDV, nous obtiendrons le sésame et Hélène pourra partir avec moi.

Entre temps et pas traumatisés pour 2 sous, nous faisons une escale dans un petit village à 4h de bus de Bogota, magnifique. Nous y serions bien restés si la situation avait été différente.

Que cela soit clair: nous retournerons en Colombie. C’est un pays magnifique et peu dangereux. J’insiste sur ce point. Nous avons été malchanceux, tous nous l’ont répété. Ce que nous avons vécu est l’exact opposé de ce que nous avons vu pendant les 2 semaines précédentes.
L’Amérique du sud comporte une part de risque et la voici, quiconque ne serait pas près à l’accepter de devrait pas venir sur ce continent.

Sur ces quelques lignes, retrouvons très bientôt pour le dernier article de ce blog tour du monde: le Brésil et son carnaval! Saaaaaaaaaaaambaaaaaaaaaaaa !

09/03/2011

Chili: histoires d’auto-stoppeurs

Chili: histoires d’auto-stoppeurs

Ce qui vous coûte les yeux de la tête lors d’un tour du monde, ce sont en premier lieu les transports, suivis d’assez loin par l’hébergement. Or après bientôt un an de vagabondage, votre compte bancaire a une furieuse tendance à virer au rouge. L’heure est donc à l’économie. Malheureusement, le Chili est le pays le plus cher d’Amérique latine, et pour remédier à ces inconvénients et voyager pas cher c’est simple: auto-stop et couchsurfing.
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Nous (Hélène et moi) traverserons la frontière en bus avec comme objectif Puerto-Montt, ville côtière et première étape de notre balade chilienne. Ayant pris soin au préalable de faire une demande d’hébergement sur couchsurfing, c’est Abel, chilien de 62 ans, qui nous répond positivement et nous ouvre les portes de sa maison. L’idée initiale était de passer une nuit chez lui, puis de louer une voiture à embarquer sur un ferry pour visiter l’île de Chiloé.
C’était sans connaître l’ami Abel. Entre nous trois, le courant passe immédiatement, nous sommes aussi à l’aise chez lui que dans nos discussions. Lors du diner, alors que nous faisons étal de nos plans de voyage, Abel avoue évasivement que l’un de ces jours, lui aussi a bien envie d’aller re-visiter cette chouette île sur laquelle il n’a pas mis les pieds depuis des lustres. Il ne m’en fallait pas plus pour lui lancer un «bah, pourquoi tu viens pas avec nous? », proposition saisie au vol et immédiatement acceptée, avec un enthousiasme non modéré qui fait vraiment plaisir à voir.

Abel est absolument ravi de sortir de son train-train quotidien et l’idée de partager l’aventure avec nous l’enchante. Et c’est réciproque. Le deal est le suivant: nous partons avec sa voiture (nous évitant ainsi le coût de la location), il conduit, nous payons l’essence et le prix du transfert en ferry. Tout le monde est gagnant.
A peine l’idée adoptée d’un commun accord, les idées fusent et notre ami part farfouiller les quatre coins de sa maison pour sortir son matériel de pêche et préparer son canoë.
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Le lendemain matin, nous sommes sur la route, le canoë solidement attaché sur le toit de Tuco-tuco (le surnom de sa voiture). C’est parti pour 2 jours de folie et de découvertes, la vie est belle sur notre île, le temps est pourri mais nous en profitons à fond quand même. On rigole beaucoup et je suis content de voir Abel heureux, il découvre la joie des auberges de jeunesses avec nous: 62 ans certes, mais un esprit aussi jeune que le notre, couplé à une mentalité d’aventurier.
Entre nos visites, 2 évènements qui sortent du lot pour moi:  celui ou trois sexagénaires chiliens s’amuseront a desserrer les attaches de notre canoe pendant notre pause casse-croute. Resultat: un canoe qui passe par-dessus le pare-brise au demarrage et des presumes coupables qui se bidonnent. Conclusion: les sexagénaires chiliens ont le sens de l’humour.
Le second évènement: notre sortie canoë avec Hélène; Abel est content de nous voir faire honneur à son embarcation (monoplace), et nous ne boudons pas non plus notre plaisir, sur un bras de rivière qui rejoint le Pacifique un peu plus loin de là. La sensation est géniale, c’est calme, c’est beau, nous prions juste pour ne pas tomber à la baille, car c’est également glacé :) .

La suite de notre aventure: environ 1000 kms en auto-stop en direction du nord. C’est agréable, simple, économique et sûr. Le Chili possède sur toute sa longueur une autoroute sur laquelle il est possible de faire du stop sans problème. Je ne sais pas si c’est la gentillesse des chiliens, le fait que nous soyons étrangers ou le fait que je sois accompagné d’une blonde, mais nous n’avons jamais attendu plus de 20 minutes au bord de la route, la moyenne se situant plutôt autour de 5 à 6 minutes d’attente. Nous avons même été pris 2 fois avant de commencer à tendre le doigt.

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Nous avançons avec comme objectif quotidien d’atteindre telle ou telle ville. L’objectif à toujours été atteint, en partant entre 10h et 13h….pas vraiment matinaux les Clouté! :)
Notre première ville-étape: Pucon, à environ 400 kms de notre point de départ. Pour l’anecdote, nous sommes allés plus vite en auto-stop que le bus direct. Ce sont habituellement des camionneurs qui nous prennent en charge, mais le dernier transport de la journée aura été mythique: un pick-up déjà rempli d’une famille nombreuse. Ils nous disent « OK montez à l’arrière du véhicule mais cachez-vous, il ne faut pas que les carabiniers vous voient ». Quel fou rire…. nous voilà couchés sur le dos à l’arrière du pick-up, à contempler le ciel et les cimes d’arbres, trimballés comme des sac de patates, en imaginant ce qu’il peut bien se passer sur le côté. Moment hilarant. 60kms.

Arrivés à destination, nous réservons rapidement un trip pour le lendemain matin: la montée du volcan Villarica, volcan toujours actif, d’où l’intérêt. La première partie de la montée est sympa mais difficile. Surprise: aucun des touristes sur place ne la fait à pied, préférant prendre un téléphérique puis se farcir la seconde partie. Seul deux brésiliennes (qui n’arriveront pas au sommet) et nous tentons l’aventure depuis le bas. La montée est physiquement exigeante mais de notre point de vue, le sommet d’un volcan: ça se mérite. Nous rattraperons le groupe ayant pris le téléphérique (à croire que les voyages au long terme conservent la forme physique :) ) juste avant le sommet, ou nous nous étouffons un peu avec les vapeur de souffre; il est parfois dur dur de respirer et les yeux piquent. Mais la vue au sommet en vaut le coup, c’est assez impressionnant ce cratère qui semble ne pas avoir de fond et qui vous crache son venin au nez.

Deuxième ville-étape: Chillan. La ville n’est pas sur le parcours touristique à juste titre, elle n’a rien d’exceptionnelle si ce n’est sa placidité. J’y aurais bien passé quelques jours supplémentaires à flâner mais le programme est chargé. Toujours en auto-stop départ pour « Pichilemu » le lendemain matin. Pichilemu est un spot connu par les surfeurs: de jolies vagues sur la côte Pacifique, un côté très nature pour un gros village qui s’est au fil du temps transformé en une petite ville. Nous avons adoré notre hébergement en auberge de jeunesse: dans une phare, bercé par le bruit du fracas de vagues de l’autre côté du mur…c’est doux, ça berce, c’est relaxant. Si besoin était de nous relaxer :) .

La suite est moins originale: nous décidons de reprendre les bus, histoire de pouvoir voyager plus loin et de nuit vu la taille du pays. Nous atteindrons dans un premier temps Santiago, la capitale, ou nous passerons deux jours.
Santiago est une ville sympa  mais sans le charisme de Buenos Aires à qui elle ressemble pourtant, le bordel en moins. Sa réputation de ville la plus chère d’Amérique du Sud n’est pas usurpée, on est sur des standards de prix européens.

Toujours plus au nord et après 20h de voyage, arrivé à San Pedro de Atacama, joli village qui symbolise en soit l’entrée du Désert d’Atacama, le désert le plus aride au monde: des années qu’il n’a pas plu une seule goutte.
Nous accrochons moyennement sur le côté touristique ce qui ne nous empêchera pas de faire une promenade en vélo en plein cagnard (grave erreur) puis de se faire une excursion direction des salines, pour voir le coucher du soleil. Mais nous restons sur notre faim, tout ça manquant d’authenticité.

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Etant malades, nous décidons de changer de programme et de ne pas nous rendre en Bolivie histoire ne pas bâcler le pays. L’idée est donc de traverser la frontière en bus jusqu’au nord de l’Argentine ou nous passerons quelques jours avant de nous envoler pour la Colombie.
Seulement voilà, plus aucun bus avant 4 jours! Plusieurs touristes sont dans notre cas, dont certains avec des impératifs. Après avoir tout tenté pour trouver un quelconque moyen de transport (impossible de faire du stop en plein désert), nous décidons de nous rendre à Calama, ville à 2h de là, afin d’y prendre un autre bus pour l’Argentine; Rebelote, rien avant des jours et des jours…coincés.
Pour être honnête, ce jour là fut LA journée galère qui en viendrait presque à vous faire détester les voyages. Il y a des jours comme ça ou rien ne va. En désespoir de cause, nous prendrons un vol pas trop cher, pour nous rendre à Iquique, au nord du Chili, étape que nous avions zappé vu la faible accessibilité, mais que nous remettrons finalement au gout du jour à défaut de pouvoir quitter le pays. Et nous ne l’avons pas regretté.

A ce stade, une idée commence à germer lentement mais surement, celle de louer une voiture et de s’enfoncer loin dans le désert, loin de toute habitation avec pour but ultime de s’y faire un barbecue.
Aussitôt dit, aussitôt fait, nous louons un pick-up, achetons des provisions et le désert est à nous. Un moment inoubliable que d’admirer un coucher de soleil en plein désert, un brasier en arrière plan et une bouteille de rouge chilien non-loin de là. Pas facile facile de cuisiner avec le strict minimum, mais nous sommes content du résultat, tout est réussi….jusque là.

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Ayant prévu de dormir dans la voiture, il fait nuit noire depuis un bon moment lorsque nous décidons de reprendre le volant et de nous rapprocher de la frontière bolivienne pour pouvoir admirer les paysages le lendemain matin. C’était sans compter un paramètre dont nous n’avions absolument pas tenu compte: l’altitude.
Nous sommes joyeux, musique à fond, personne sur la route et nous roulons une bonne heure avant que je commence à me sentir … nauséeux :) . Raoul, le cri qui dessaoule. Hélène ayant la moquerie facile change assez vite d’humeur, atteinte du même mal. Nous sommes à « l’agonie », nous comprenons seulement maintenant que sans nous en rendre compte, la route est bien montée et que ce nous pensions être du sel était en fait de la neige :) … impossible de dormir dans ces conditions, nous décidons de redescendre en nous relayant pour conduire. Après une bonne descente, nous trouvons enfin le sommeil.

Le lendemain matin: la ville fantôme d’Humberstone, classée à l’UNESCO. Une ancienne ville ouvrière, abandonnée dans les années 60 faute de moyen, faute de concurrence. Hélène a aimé, j’ai adoré: une ambiance de fin du monde, post-apocalyptique, absolument géniale. Cette ville semble tout droit tirée d’un western, une touche décalée en plus, telle que terrain de basket, piscine antique… à ne pas rater si vous passez par là.

Retour à Iquique, une belle ville qui ne laisse pas indifférent par sa position géographique originale: le désert d’un côté, le Pacifique de l’autre. On ne peut s’empêcher de penser au désastre qu’une catastrophe naturelle pourrait engendrer ici, et c’est sur cette visite là que nous partirons finalement pour le nord de l’Argentine. Le Chili nous aura marqué par la diversité de ses paysages mais surtout par la gentillesse de ses gens. Nous sommes d’accord sur ce point avec Hélène: jusque là, ce sont les plus sympathiques et les plus avenants d’Amérique du sud.

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