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27/05/2010

Ukraine: Kiev, Lviv

Ukraine: Kiev, Lviv

Kiev
Pour commencer, quelques chiffres : Chisinau – Kiev = 472kms = 10h30 de trajet en bus = passage à la douane à 2h du mat = 20 min d’emmerdes.

Venant de Chisinau, je ne pouvais qu’être agréablement surpris par la ville de Kiev. J’avais lu sur internet que Kiev ne valait pas forcément le détour, je ne suis tout simplement pas d’accord ! Une ville admirable, des bâtiments remarquables à ne plus savoir quoi en faire (principalement des églises, mais j’adore ça) et surtout: toujours de merveilleuses rencontres via Couchsurfing.

Ayant décidé de faire Kiev en auberge de jeunesse et non pas chez l’habitant, j’ai tout de même mis un message sur Couchsurfing afin de rencontrer des ukrainiens, de faire quelques soirées et visites avec eux. Et bien franc succès, au-delà de mes espérances !! Je n’ai même pas pu voir tout le monde après 4 jours passés sur place !

Iryna sera la première personne que je rencontrerai à Kiev, excellente ambassadrice francophone de sa ville, nous passerons une matinée trop courte ensemble à visiter sous le soleil (salut Iryna au passage, et merci encore une fois :)   )

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Mais Kiev aura également été pour moi le théâtre d’une nouvelle expérience : une soirée Jet Set = VIP + fine aristocratie ukrainienne + étrangers fortunés + Masha et moi.
Le contexte: Masha, ukrainienne également rencontrée via couchsurfing et parlant mieux français que moi-même (je n’exagère pas, elle n’a aucun accent, je n’aurais pas pu dire qu’elle n’était pas française !) a obtenu 2 places gratuites pour une soirée du célèbre DJ français David Vendetta. Les amateurs apprécieront.
Et alors là, c’est un festival pour les yeux (moins pour les oreilles); Vous connaissez ce cliché des demoiselles absolument sublimes, à l’affut de l’étranger plein aux as ? Et bien il était vrai lors de cette soirée !! Je n’avais jamais vu autant de créatures de rêve au mètre carré… tout simplement hallucinant. J’ai tant regretté de ne pas avoir pris mon appareil photo pour partager ça avec vous… ça n’arrivera plus, promis! :)

La seule « difficulté » fut de rentrer : fidèle à mon habitude, j’étais fringué comme un sac (à savoir mon polo bleu et un jean classique) alors que le code vestimentaire était plus que de rigueur. Seulement voilà, les places venaient de la diplomatie française … impossible de ne pas nous laisser entrer. Ha ha ha ! Donc malgré de lourds et pesants regards des physionomistes accompagnés de reniflements dédaigneux : on rentre.

En bref, tout le monde était en costard et mini jupes (longueur réglementaire maximale autorisée: 2cm en dessous de l’entre jambe m’a-t-il semblé), sauf nous :) C’était jouissif !! Je n’ai rien en commun avec ces gens, je ne referai probablement jamais de soirée pareille et ça n’est pas fait pour me déplaire. Mais j’ai quand même adoré vivre ça, on se sent tellement décalé que ça en vaut sincèrement la peine… :)

Masha, si tu lis ces quelques lignes, je te remercie pour le temps que tu as pris et passé avec moi pendant ces quelques jours, j’espère pouvoir te rendre la pareille si tu viens sur Paris !

Une autre expérience absolument géniale: un meeting polyglot français; Il s’agit d’une réunion ou des ukrainiens viennent pratiquer leur français. L’occasion de rencontrer un expatrié (salut Rémi), ainsi que Artem, l’ukrainien qui avait une idée à la minute! Un mec super sympa et attachant, bien dans la lignée de ces gens que je rencontre depuis le début en Ukraine, dans mon voyage de façon plus globale.

Pour en finir ou presque avec les rencontres : Tania ! Quasi 3 jours passés avec elle, franche rigolade, blagues à tout va, nourritures traditionnelles, glaces, marches de longue haleine, le tout en anglais cette fois-ci. Il fait beau, il fait chaud, je suis en charmante compagnie, je mange bien : elle est pas belle la vie ?
Ensemble, nous visiterons Kiev mais également les alentours : Pirogovo, reconstitution de l’habitat ukrainien au fil du temps et des régions; Par un heureux hasard, nous irons là bas lors d’une journée religieuse: sensationnel ! Je vous laisse voir photos et vidéos.

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Enfin, l’occasion de partager quelques bières avec Ben, américain rencontré dans l’auberge de jeunesse, mec sympa et curieux de tout, pour qui la principale difficulté était qu’ici, peu de monde parle anglais. Etant habitué à ce que la langue internationale soit omniprésente, il a vécu ce que ça nous ressentons habituellement lorsque par malchance nous ne parlons pas anglais en voyage! C’est un peu plus dur, mais on fini toujours pas y arriver ;)

Ca tombe un peu comme un cheveux sur la soupe dans ce récit mais, une curiosité de Kiev, absolument inconnue car très récente : deux rues entières de bâtiments neufs, non indiqués sur les cartes, des constructions totalement aptes à être habités, en plein centre ville, la peinture est presque encore fraîche et pourtant : pas un seul habitant à l’intérieur. Il s’agit de rues fantômes !! Vrai de vrai ! Pourquoi ? et bien tout simplement, car vers la fin des travaux (nous parlons bien d’une quarantaine voire cinquantaine d’immeubles) les architectes se seraient aperçus que la zone était non constructible, les fondations baignaient dans l’eau….faut le voir pour le croire. Cf photos !

Une certitude en quittant cette ville, je retournerai à Kiev. J’ai longtemps hésité à faire un détour par Tchernobyl, pourtant pas si loin, et je n’y suis finalement pas allé. Tout d’abord pour des questions étiques, ensuite pour le fait qu’il n’y a pas beaucoup d’informations rassurantes. D’informations tout court. Des touristes au compte goutte, un lieu toujours classé zone interdite, mais toujours des habitants. Je regrette de ne pas y être allé, un suédois l’ayant fait m’a affirmé que c’était unique et je le crois: c’est le retour en Union Soviétique, retour dans un passé figé à jamais. Oui, j’irai.

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Lviv

Continuons avec les chiffres : Kiev – Lviv = 551 kms = 8h30 de train.= 2 ukrainiens = 1 bouteille de vodka.
Mon premier train couchette de nuit en Europe de l’Est ! Je n’en aurais pas trop profité, impossible de fermer l’œil. Mes joyeux compagnons de dortoir, Nicolaï et Oleg sont immédiatement curieux de savoir d’où je viens, qui je suis etc …. et comble du bonheur : ils parlent anglais !

Nous parlerons de tout pendant la nuit: politique, Europe, homosexualité, visas, études, vie en générale, le tout autour de leur bouteille de vodka (déjà bien entamée avant le voyage). J’ai vainement essayé de refuser la première gorgée, un regard noir m’a confirmé que je n’avais pas le choix, j’ai accepté. L’idée générale étant: « le prochain arrêt est à 4h du mat, on pourra peut être descendre vite fait acheter une autre bouteille, non ? » … heureusement pour moi, on s’est pieutés avant  :)

Expérience formidable que ce train en compagnie de ces gais luron. Ils rêvent de faire partie de l’Europe, je rêve qu’ils en fassent partie. Ils ont besoin de visa pour venir chez moi, je n’en ai pas besoin pour aller chez eux. Anormal. D’autant plus qu’ils ne souhaitent pas quitter leur pays, juste être libres de voyager. « ceux des ukrainiens qui voulaient partir chez vous y sont déjà, ceux qui restent ne le veulent pas. Je ne comprends pas de quoi vous avez peur vous autres les pays européens ». Moi non plus.

Enfin arrivés à Lviv, j’offre un café (sans alcool) à mes potes, ils m’accompagnent au tram, me mettent dedans, m’expliquent le principe et ne partiront qu’une fois rassurés sur le fait que j’ai tout compris. C’est-à-dire à la fermeture des portes. J’ai envie de leur dire que je voyage seul depuis longtemps, que je suis un grand mais…bof non, c’est tellement sympa de leur part, et je pense qu’ils ne comprendraient pas.

Lviv…euh….ben j’ai pas le temps d’écrire je me lève dans 4h pour partir en Pologne et puis… j’ai déjà assez raconté ma vie comme ça, non ? :)
Regardez les photos, ici il n’y a pas de touristes, personne ne parle anglais (4h pour acheter un billet de train, record à battre) et c’est absolument magnifique. Plein de charme. Venez-y !

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27/05/2010

Moldavie: Chisinau, capitale de renom

Moldavie: Chisinau, capitale de renom

Moldavie…qui sait situer la Moldavie, sans tricher ? Qui connait la capitale ? Hum ? Pas grand monde hein ! Et bien je comprends pourquoi ! :) Pourtant, nous sommes presque voisins…

La Moldavie étant comme chacun sait une ancienne partie de la Roumanie, je m’attendais à y trouver des… roumains. Ou tout du moins des ressemblances. Et bien pas du tout ! C’était sans compter que la Moldavie fut également part de l’Union Soviétique. Y’en a qui ont du bol! :)

Beaucoup de moldaves parlent les deux langues, même si le russe prédomine généralement. La physionomie des gens change totalement : je me rends compte dès mon arrivée que j’ai quitté les latins sans le savoir pour plonger dans le (joli) monde des slaves. Tout ici me rappelle Saint-Pétersbourg…la beauté de la ville en moins.
En effet, vous ne verrez pas beaucoup de photos relatives à cet article, l’architecture n’ayant rien de remarquable ou de passionnante pour ce que j’en ai vu. Mon premier sentiment, confirmé par d’autres voyageurs est que les beaux jours sont une bénédiction; l’hiver cet environnement doit vous pousser inexorablement à vous cloitrer chez vous ou pire, vous conduire tout droit à la dépression !

Arrivé à Chisinau, la capitale donc, je suis une nouvelle fois hébergé chez « l’habitant » via couchsurfing (1 néerlandaise, 1 portugaise, 1 allemande qui sont ici en tant que volontaires EVS) et avec qui j’aurais passé de très bons moments. Le tour de la ville étant relativement vite fait surtout si vous ne souhaitez pas faire de musées, le plus gros de mon temps aura été passé en compagnie de mes hôtes lors de divers évènements, dont 2 majeurs;

Le premier: le festival du film international de Moldavie; Des réalisateurs de plusieurs pays viennent présenter leurs documentaires/courts métrages. J’aurais vu plusieurs films et rencontré 2 réalisateurs : Jorge, portugais et par un heureux hasard ami de Sara, l’une de mes hôtes, ainsi qu’une jeune allemande, ayant tourné un film sur les gauchos en Argentine. Ce dernier documentaire m’a presque tiré les larmes des yeux, puisque filmé notamment à quelques rues de l’un de mes lieux de résidence, lors de mon séjour en Argentine il y a quelques années.

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Le second évènement : une marche pour sensibiliser au sida, sujet plus que tabou dans un pays ne se sentant visiblement pas concerné. La prévention n’est semble t’il pas l’une des priorités, loin s’en faut. A noter que lors de cette marche, il y avait plus d’étrangers que de locaux m’a-t-il semblé. Révélateur !

Le soleil étant au rendez-vous, j’ai énormément apprécié ma journée en compagnie de mes deux comparses portugais Sara et Jorge, à flâner au hasard des rues, essentiellement dans un immense marché aux puces: jolies couleurs, babioles invendables, babouchkas placides vendeuses de fromage, vêtements de dixième mains pour autant de générations, reliques nostalgiques de l’Union Soviétique …

L’une de plus belle rencontre de ce pays aura eu lieu dans un kiosque tout simple, petite échoppe comme il en existe des milliers dans les rues ici : le patron remarquant mon fort accent lors d’une tentative de russe pour acheter des chips me demande d’où je viens (message à caractère personnel : non maman, je ne mange pas que des chips! ). Et la discussion s’engage avec lui – d’origine syrienne – et sa femme ukrainienne. Le bilan c’est 4h de discussion, une fermeture de leur magasin à 2h du mat au lieu de minuit tellement nos échanges étaient passionnants, et j’y suis revenu le lendemain soir ! Voilà, ces rencontres chaleureuses sont l’exact reflet de ce qui me donne envie d’aller de l’avant dans ce voyage et d’être toujours plus dépaysé.

Alors certes, la Moldavie n’est pas une destination de rêve, certes elle n’est jamais présente en vitrine de nos agences de voyage traditionnelles, elle ne figure d’ailleurs probablement pas au fin fond du dernier guide rangé dans le tiroir le plus bas, mais c’était néanmoins l’un des pays que je ne voulais pas manquer, l’un des rares endroit que j’avais la certitude de vouloir visiter avant mon départ.
Et je ne suis pas déçu. Les photos ne sont en rien sensationnelles mais là n’était pas le plus important pour moi, mon objectif de rencontrer et de parler avec des locaux est atteint, et ça, ça ne se prend pas en photo ! :)

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18/05/2010

Roumanie: Timisoara, Bucarest, Brasov, Bran, Sibiu et Prislop !

Roumanie: Timisoara, Bucarest, Brasov, Bran, Sibiu et Prislop !

Timisoara

Timisoara: ma première destination roumaine. J’y suis arrivé en train dans un wagon que je partageais avec deux charmants personnages : un allemand rougeaud, la cinquantaine, complètement bourré, qui dormait avec un nounours voire qui lui parlait en certaines circonstances bien précises qui m’auront échappées.
Le second était un policier Kosovar, sanguinaire et fier de l’être, un abruti pas bien fignolé. Si si, j’insiste, j’ai beaucoup parlé avec lui (essayé), c’était choquant.
Deux jours passés à Timisoara, superbe ville avec une magnifique place typiquement roumaine (vous pourrez voir ça sur les photos), une rencontre avec une demoiselle de Couchsurfing qui m’aura fait visiter sa petite bourgade. Au passage, c’est ici qu’à officiellement débuté la révolution contre Ceausescu, de manière totalement pacifique d’ailleurs.

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Bucharest

Bon alors autant être franc (j’en connais qui vont se régaler dans les commentaires): je n’ai pas vu grand-chose de Bucarest. Mais c’est pas ma faute !!
Hébergé en couchsurfing chez 4 jeunes (saluuuuuuuuuuut si vous lisez :) ), ça a été soirée dès le début, enchainement ensuite.  Ma vie là bas aura plutôt été nocturne! Bref, à part le palais de Ceausescu, qui a tout bonnement un aspect hallucinant (le 2e plus grand bâtiment au monde !! ) et qu’on ne peut pas manquer, je n’ai pas trop trop visité. Un peu tout de même, en vélo. Mais en vélo à Bucarest : soit tu fais du tourisme et ta durée de vie est fortement réduite, soit tu te concentres sur les voitures et tu oublies le tourisme.
Bucarest aura donc forcément une image toute personnelle, celle de cette « joyeuse famille » qui m’a hébergé, l’image aussi d’une ville crade (vraiment crade), une ville ayant des règles assez drôle comme celle de « la nouvelle voiture »; pour acheter une nouvelle voiture à Bucarest c’est simple:
- Réunir l’argent, choisir le modèle, acheter sa nouvelle voiture
- Garer l’ancienne voiture en bas de chez vous et la laisser moisir jusqu’à la fin des temps.
Bucarest est donc un cimetière de voitures….d’épaves pardon. Bah…je me dis que ça fera un musée à ciel ouvert dans quelques années.
Dernier point : la Roumanie c’est plein de roms. Ne confondez pas roumains et roms si vous ne voulez pas vous attirer leurs foudres. Ca n’a tout simplement rien à voir, c’est à peu prêt aussi proche qu’un français d’un pakistanais.

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Brasov

Petite ville au nord de Bucarest, en Transylvanie, magnifique place centrale une fois encore, des maisons colorées, ça sent l’été même sans le soleil! C’est la 3e ville de Roumanie mais elle ressemble plutôt à une ville de taille moyenne. Brasov possède aussi « l’Eglise Noire » dont elle s’enorgueilli. Pourquoi noire ? Parce qu’elle a brulée il y a 1 siècle, et que les pierres qui la composent sont restées noires….comme quoi, pas dur de créer une attraction touristique. Je passerai en tout deux jours là bas avant de louer une voiture (bien pourrie) pour les 2 jours suivants, afin de ne plus dépendre, au moins passagèrement,  des transports en commun.

Petite parenthèse, la voiture m’a permis d’aller dans un vrai monastère, avec des vrais moines (orthodoxes) à l’heure de la prière: j’ai adoré;  il n’y avait pas un chat et il y avait encore plus de chats que de touristes. Ca sentait la sérénité ! Moment très agréable aux pieds des montagnes, loin de tout et de tous.
J’aurais également pu visiter le château de Vlad l’Empaleur (alias comte Dracula), enfin celui ou il a séjourné quelques jours, son véritable château résidentiel étant en ruine. Très joli de l’extérieur, mais à ne pas visiter, ça n’en vaut pas la peine.

Sibiu – Prislop

Sibiu n’aura été qu’une transition pour moi: j’avais une idée précise en tête mais je ne savais pas si mon courage suivrait. En effet, j’étais déjà intrigué par la culture tzigane/gipsy depuis un certain temps et m’était mis en tête d’aller les rencontrer. Ailleurs qu’à côté d’un feu rouge ou d’une gare.

J’ai donc démarré ma caisse de location, puis suis allé me perdre dans un petit village roumain. J’ai laissé ma voiture là, vidé mes poches pour épargner cette peine à d’autres, et suis parti au pif vers un village apparent, perché au sommet d’une colline, sans route.
J’ai vite compris que j’arrivais dans un bled tzigane à la vue des premières maisons. A ce moment là je me suis maudit, me suis dit que si personne n’y allait c’est qu’il y avait une bonne raison, et fortement songé à faire demi-tour. Je n’en menais vraiment pas large.
Mais merde, je suis venu pour ça, j’y vais. 30min de marche à pied, et je rencontre Pietre, tzigane, 55 ans, l’air d’en avoir 70. Je lui explique que je veux visiter son village (nommé Prislop) et rencontrer des tziganes, le tout en mélangeant français/espagnol/anglais. Il me dit OK, sans toutefois comprendre mes motivations ou l‘intérêt que je peux en tirer.

Je suis donc invité chez lui à prendre un café et plus si affinité. Ah oui, un blond au yeux bleu dans une communauté pareille, c’est pas banal. Pour faire simple : jamais et je dis bien JAMAIS un seul touriste n’était venu ici. Même les roumains (qui habitent pourtant le village en contrebas) ne viennent pas; ils se détestent mutuellement. Je ne suis donc pas passé inaperçu dès mon arrivée. C’est vous dire l’attraction que j’ai représenté! Les maisons sont faites de terre battue, de taule, il n’y a pas d’eau courante… son fils (qui a appris un anglais approximatif mais suffisant en regardant des films à la TV) me fait faire le tour du village, sous des regards curieux et fiers. Les tziganes (c’est pas des roms non plus, hein!!) ne baissent pas les yeux et vous dévisagent franchement. Bref, j’ai finalement passé toute une après midi avec eux. Ils m’ont même invité à dormir mais je devais ramener ma voiture de location. Sinon j’aurais accepté je crois….même si ils sont déjà 5 à dormir dans 15m carré environ.

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Je ne peux pas décrire avec des mots ou un long discours ce que j’ai ressenti dans ce village, ça se vit, ça ne s’écrit pas. Mais je ne le cache pas, j’étais fier de moi, fier d’avoir rejeté ces à priori et ces « on-dit » qui font de ces gens des miséreux. Car c’est bel et bien nos clichés qui les ont mis au ban de la société.

Un petit bonus des phrases et discussions cocasses et approximatives :

« Tu vois les roumains en bas, ils sont riches et ils ne partageront jamais avec nous, regarde : les éleveurs ils ont plein de bêêê bêêê (ndlr: comprendre bêêê bêêê = moutons, mais il ne connaissait pas le mot en anglais). Nous, pour tout le village, nous avons 5 chevaux. C’est tout ».
Quant on sait que la communauté compte environ 150 personnes …

« Y’a du travail en France ? Ou en Espagne ? Je pense y aller pour envoyer de l’argent à la famille. Ton père, il peut pas me donner du travail ? Je sais construire des murs »

« Mathieu, tes yeux c’est des vrais ? »

« T’es pas marié ? Et tu fais le tour du monde ? Pourquoi ? T’as pas d’enfant ? » (j’ai adoré, moi, Mathieu, expliquer à des tziganes pourquoi je voyageais…je pensais pouvoir l’expliquer à tous sauf à eux connaissant leur passer. Mais non, ils sont sédentaires.

Au final, j’aurais contribué devant tant de misère, en achetant 2 médicaments pour le bébé de la famille, malade, et pour un total de 9 euros….forcément, ils avaient l’ordonnance du médecin, mais pas l’argent pour acheter les remèdes.
Après avoir vu mon intention de payer ces médicaments, j’aurais eu droit à cette phrase qui fera sourire ceux qui me connaissent:

« Mathieu tu sais tu peux me le dire, en fait tu viens pour évangéliser hein ? C’est bien ça ? Tu peux nous me dire, ça ne pose pas de problèmes, c’est Dieu qui t’a envoyé ».
J’ai éclaté de rire, son mari aussi voyant mon air stupéfait.

Mais après tout, c’ était peut être bien Dieu qui m’avait envoyé ce jour là pour ce gosse….va savoir…

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09/05/2010

Belgrade: à votre Serbi(c)e

Belgrade: à votre Serbi(c)e

Tout d’abord, désolé du jeu de mot…j’ai longtemps hésité à l’écrire (j’en ai d’autres en stock pour les amateurs) mais comme je crevais d’envie d‘écrire celui là !!!  :-)

J’aurais volontiers parlé de la Serbie dans son intégralité, mais au final je n’aurais connu que Belgrade, sa capitale (et capitale de l’ex-Yougoslavie au passage). Mais de la meilleure façon possible!
De tous mes voyages, les serbes sont tout simplement avec les argentins, les gens les plus chaleureux qu’il m’ai été donné de rencontrer.

Arrivé en train alors que la nuit est largement tombée, mon sac à dos et moi-même sommes en quête d’une auberge de jeunesse ou passer la nuit, en parcourant les rues au hasard tout en essayant de nous rapprocher du centre. Et sans comprendre les panneaux. Difficile, mais possible !!
C’est par un heureux hasard que je rencontrerai Olja en bas d’un immeuble, quittant son travail de….employée d’une auberge de jeunesse. Tiens, ça, ça tombe bien alors. Elle réouvrira, son copain et elles se farciront les 6 étages à pied qu’ils venaient juste de descendre pour que je puisse poser mon fardeau. Et le tout avec un sourire en rien forcé . La plus belle et propre des auberges que j’ai pu voir de tous mes voyages, tout simplement exceptionnellement belle et bien située, le patron (Branko) et Olja étant adorables, je m’en apercevrai par la suite. Pour la petite histoire, je devais rester 1 nuit, j’y suis resté 5 tant je m’y suis senti bien.

Aujourd’hui encore, je ne comprends toujours pas pourquoi Belgrade n’est pas plus connu chez nous:  pour ma part, elle surpasse largement des villes pourtant bien plus réputées telles que Prague voire même Barcelone. La ville est immense, son architecture diverse et belle: je l’ai parcouru du centre (buildings et monuments anciens) à la périphérie (petites maisons anciennes), le tout en traversant le Danube, la Save et de nombreux parcs. En outre, la vie y est très bon marché, les gens formidables et la vie nocturne terrible. Belgrade regorge d’Histoire avec un grand H. Toujours pour me plaire, la Serbie n’est pas (encore) touristique, on est donc pas saoulé par la foule.

Autant j’avais eu la sensation immédiate que je n’aimerai pas Zagreb, autant là, je savais que j’adorerai cette ville, et je ne m’y suis pas trompé.
Belgrade aura été pour moi une aventure touristique certes, mais humaine avant tout: principalement avec Olja et Branko avec qui j’ai passé beaucoup de temps (et beaucoup bu avec le second J ), mais aussi 2 macédoniennes, 2 russes, 1 hongkongais, 5 autres serbes, 1 autrichienne bref… de quoi échanger pas mal. Je vous passe les soirées à l’auberge de jeunesse, une autre via des gens de couchsurfing a qui j’ai pu poser librement toutes ces questions qui m’intéressent sur la guerre, sur leur vécu, sur l’Europe, leurs idéo : bref, autant de points qui m’intéressaient et dont j’ai eu les réponses, que je vous épargne.

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Ce que j’ai particulièrement aimé (à part la gentillesse des gens qui m’importe avant tout, au risque de me répéter) :

- La musique: j’étais toujours à la recherche de cette « musique des balkans » que j’affectionne tant et qui s’appelle en fait le « trubaci » (ex: musique de Goran Bregovic dans les films de Emir Kusturica). J’ai enfin été satisfait; tout d’abord en faisant un tour dans le quartier gypsy de Belgrade, mais surtout alors que j’allais chercher un sandwich, je passe devant une église devant laquelle j’entends cette musique: ça sera là l’occasion de manger mon sandwich en marge d’un mariage, avec les trubaci en fond sonore. Un grand moment, un régal pour les papilles et les oreilles. Au passage, j’ai trouvé à ce moment précis la première (et unique) fille hideuse en Serbie : la mariée en l’occurrence. Mon Dieu quelle horreur… il pouvait choisir n’importe laquelle en Serbie, l’une des témoins de la mariée, une passante, je sais pas moi, mais non, il a fallu qu’il choisisse celle là….j’ai pas pu finir mon sandwich.

- La cathédrale Orthodoxe de Saint Sava: l’intérieur n’est pas fini, mais la stature extérieure m’a impressionné. Il s’agit de la plus grande église orthodoxe du monde, elle peut contenir jusqu’à 15 000 personnes !

- La place remplie de 500 mecs de tous âges qui échangent des auto collants de football PANINI comme je le faisais au primaire. L’évènement à lieu tous les jours, en plein centre.

- Nettoyer mes fringues à la main dans la salle de bain des nanas avec de l’assouplissant au lieu de la lessive (ça n’était écrit qu’en serbe, croate, etc) ….aujourd’hui encore, soit 1 semaine après, on peut toujours me sentir à 20 mètres sans problème.

- Remplir mon carnet de bord d’insultes serbes.

- Deux manifestations différentes, deux jours de suite, devant le ministère de l’économie : 20 manifestants, 30 policiers.

Ce que je n’ai pas aimé:
- La frustration de ne pas pouvoir honorer l’invitation en Macédoine que m’ont faite 2 demoiselles rencontrées à l’auberge, car j‘aurais eu des problèmes pour voyager vers le Nord sans repasser par les mêmes endroits. Frustrant. Surtout que je voulais visiter « Sutka », la plus grande concentration de gitans du monde. Ca sera mon prochain voyage. A faire les poches vides.

- Mélanger la Rakija avec la bière: ça fait mal à la tête le lendemain. Et c’est encore plus crétin de remettre ça le soir même, mais que voulez-vous…

Bien, sur ces bonnes paroles je vous embrasse et vous donne rendez-vous en Roumanie dans quelques jours ! N’hésitez pas à me donner de vos nouvelles, m’envoyer des mails, j’adore ça :)

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01/05/2010

Bosnie, ou la dure réalité

Bosnie, ou la dure réalité

7h du mat débarquement en  Croatie, de retour de mon île, avec la vague idée d’aller au Monténégro. C’était sans compter sans le bus qui s’apprête à partir non loin, et sur lequel est indiqué en majuscule « Mostar » (Bosnie). Je veux !!! Je saute dedans, je n’aurais pas passé plus de 10min à Dubrovnik.

Parenthèse: j’aime beaucoup ma façon de voyager, ne pas savoir de quoi demain sera fait tout en ayant comme objectif d’atteindre une nouvelle destination ne manque pas de piquant et de surprises. Jusqu’au jour ou j’aurais besoin d’un visa. Là, je risque de revoir ces quelques lignes.
A tous ceux qui voudraient voyager dans les Balkans, je dirais d‘ailleurs: surtout, surtout n’achetez pas vos billets à l’avance, ne prenez pas de pass interrail ou autre billet, ça n’en vaut pas la peine. Le train n’est hors de prix qu’en France, il est très bon marché partout ailleurs, tout comme le bus. Restez donc libre de vos mouvements.

Le voyage sera magnifique: le bus sillonne d’innombrables vallées verdoyantes, notre route est bordées de falaises et de montagnes pour le moins escarpées et toutes sensiblement différentes. Mais ce que j’aime le plus, c’est la couleur verte pâle de la rivière que nous longerons une bonne partie du parcours. Cette roule en appelle à la sérénité messieurs dames !

2 nouveaux contrôles douaniers, 2 fois ces aimables fonctionnaires décollent un peu plus ma photo de passeport en me disant  « elle est décollée » un brin de suspicion dans le regard, 2 fois j’ai envie de répondre « bah oué connard, vu que toi et tes collègues internationaux semblez vous être passés le mot pour la dégommer… c’est sûr elle va plus durer très longtemps » Naturellement je la ferme bien sagement..

Pensée d’un mec paumé dans un bus:
* Tiens….elle est bizarre cette église là bas… ah mais ouééééééé !! La Bosnie c’est à majorité musulmane, j’avais oublié ! C’est pas une église, c’est une mosquée ! *

Pour être franc, j’ai été choqué au sens premier du terme par les traces apparentes de la guerre. C’est triste, mais c’est l’image que je garderai de la Bosnie. Et pourtant, 15 ans que le conflit est fini, Mostar ayant été la ville la plus détruite. L’argent manque pour reconstruire, les bus ont été donnés par le « peuple japonais » ou des fonds européens, les murs sont toujours criblés d’éclats d’obus ou de balles (j’en ai même trouvé une encore dans un mur) bref…je n’ose imaginer la période de guerre elle-même.

En pondant cet article, j’avais commencé à écrire ce que j’ai appris sur cette guerre, car le sujet m’intéresse et j’en ai souvent parlé avec les gens. Je me suis ravisé et ai tout effacé pour deux raisons, la première étant qu’il me faudrait des pages entières pour m’expliquer, la seconde que ça n’intéresse probablement pas grand monde :) Toutefois si je devais résumer : les balkans restent explosifs et ça se sent quand ils parlent les uns des autres. J’ai eu beaucoup de discussions très instructives avec Miran, le maître des lieux de l’auberge de jeunesse ou j’avais élu domicile. On s’est promenés ensemble, on a bu ensemble, j’ai vu, j’ai écoute, j’ai compris. Il me tarde d’avoir d’autres versions de l’Histoire dans les autres pays balkaniques.

Après quelques jours passés à Mostar, je continue mon voyage en Bosnie pour atteindre Sarajevo. J’ai hâte de voir cette ville si connue et dont j’ai entendu le plus grand bien!!!
Je vais faire court : j’ai très moyennement aimé la ville en elle-même. Les gens oui, vraiment sympas, toujours prêt à se mettre en quatre pour aider. Mais la ville n’a rien d’exceptionnelle. Elle est mieux reconstruite que Mostar c‘est un fait, mais même sa vieille ville n’a plus rien de typique, c’est un espèce de Disneyland ou se vendent tous des gadgets touristiques. D’ailleurs même la brochure de l’office de tourisme, section « à voir » est plutôt maigre.
J’ai par contre adoré le vieux marché à quelques rues parallèles de à ou d’adorables mamies avec leurs châles vendent quelques feuilles de choux, de salades, ou des fleurs, une petite musique des Balkans en fond. Ca c’est sympa !

Sarajevo sera également l’occasion de rencontrer un mexicain et une américaine notamment, installés en Bosnie depuis quelques temps. Le premier, Memo, scénariste, m’emmènera dans un théâtre que je n’aurais jamais pu trouver seul et ou Emir Kusturica notamment s’est illustré. La patronne est finement murgée, nous parle italo-bosniaque et nous offre bien évidemment de l’accompagner, ce qui ne serait se refuser. J’ai adoré le lieu, un théâtre sur reconverti en café, des vieilles tables en bois partout, des instruments de musique ci et là, des bouts de métals qui trainent : bref, comme dans les films ! Je suis fan.
Je ne pouvais pas passer par la Bosnie sans gouter l’alcool local,  à savoir le Rakia, un alcool fort avec la saveur de tous les fruits que vous souhaitez, y’en a pour tout les gout. C’est fort et ça fait mal à la tête !!

Faits divers :
- En Bosnie, il n’y a as de Mac Do car les bosniaques sont tellement fiers de leur spécialité culinaire (le cevapici, que l’on retrouve dans tous les balkans j’ai l’impression) que l’enseigne de fast food ne s’est même pas implantée. D’ailleurs, véridique, on trouve à Sarajevo un fast food bosniaque, avec un M jaune comme enseigne et qui s’appelle, pour les anglophones : « Mac Deny ».  D’ailleurs, le « menu big mac » est mon indicateur secret: je relève le prix dans tous les pays (mais je ne CONSOMME PAS, Mac do, c’est pas mon truc). Vous verrez grâce à cet indice le coût de la vie, pays par pays. C’est vraiment révélateur, l’indice est bon même si la nourriture ne l’est pas !

- Pour n(v)ous messieurs, un petit jeu dont la règle est on ne peut plus simple.
1- Posez-vous à la terrasse d’un café
2- Commandez un expresso et restez assis à contempler béatement. (rassurez-vous, vous ne serez pas seul à jouer, le taux de chômage étant tellement élevé, en Bosnie passez à 11h le matin devant un café, repassez à 17h et vous observerez les mêmes types, au même endroit, avec le même café).
3- Après avoir reçu commande: observez et cherchez une fille entre 20 et 35 ans qui soit moche.
La règle est la suivante : vous ne pouvez partir du café que lorsque vous aurez trouvé une.

Et bien je vous garanti que vous allez rester assis très très longtemps en terrasse. :)

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PS : je n’ai pas pu résister, je vous ai mis 4 photos bonus prises dans mon train reliant Sarajevo à Belgrade :) Ceux qui suivent auront par ailleurs déduits de ma dernière phrase que ma prochaine destination est la Serbie!

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